Quels sont les prochains enjeux RSE au sein de nos organisations ? – Aimane BELGHYTI

La Commission Européenne définit la Responsabilité Sociale des Entreprises (RSE) comme « un concept qui désigne l’intégration volontaire, par les entreprises, de préoccupations sociales et environnementales à leurs activités commerciales et leurs relations avec leurs parties prenantes ». Une entreprise qui adopte une politique RSE cherche donc à être économiquement profitable tout en ayant un impact positif sur la société dans laquelle elle évolue.

Une telle politique est de plus en plus centrale dans les préoccupations des entreprises et s’articule autour de trois piliers :

  • Le pilier économique :

Il est primordial puisqu’il vise à assurer la viabilité des entreprises leur permettant de créer de la valeur partagée et d’améliorer les conditions de vie de tous les acteurs clé. Contrairement aux idées reçues, ce pilier n’est pas incompatible avec une démarche RSE puisque cette dernière favorise les économies, une amélioration de la productivité et, in fine, une augmentation du chiffre d’affaires.

  • Le pilier social

L’enjeu d’un tel pilier est de s’assurer que les collaborateurs d’une entreprise se sentent bien. Cela implique notamment une lutte contre l’exclusion sociale, le renforcement de l’égalité des chances, le respect des droits humains, le mécénat…

  • Le pilier environnemental

Il représente le troisième enjeu majeur d’une politique RSE. Ces deux dernières décennies ont vu l’émergence d’une prise de conscience collective de l’urgence climatique, et l’impact de l’activité commerciale d’une entreprise sur l’environnement n’est plus négligeable. Les objectifs principaux de ce pilier sont de réduire les émissions de gaz à effet de serre, de limiter l’utilisation des ressources naturelles et de diminuer la production de déchets. Cette approche s’inscrit dans une logique globale de réduction des conséquences polluantes de l’activité des entreprises sur l’environnement.

 

Des enjeux qui s’intensifient

Ces deux derniers enjeux se sont grandement renforcés depuis les crises sanitaires et énergétiques des récentes années. En effet, les salariés et clients d’une entreprise sont d’autant plus exigeants à ces égards. La crise du COVID-19 et les confinements successifs qui l’ont accompagnée ont permis à une partie de la population active de réévaluer son rapport au travail. Nous assistons à un changement de paradigme culturel, dans lequel travailler ne peut plus impliquer un sacrifice de soi. La vie professionnelle et la vie privée doivent coexister, sans empiéter l’une sur l’autre.

La crise énergétique, quant à elle, a souligné la nécessité de pratiquer une sobriété énergétique. Consommer moins et réduire le gaspillage sont plus que jamais au cœur des préoccupations des Français.

 

Une réglementation grandissante

Le 16 décembre 2022, le texte final de la directive CSRD, « Corporate Sustainability Reporting Directive », a été publiée. Cette directive, qui met à jour le reporting extra-financier des entreprises, s’accompagne de nouvelles obligations destinées à intégrer des objectifs de développement durable dans la stratégie des entreprises et à renforcer la communication sur cette stratégie durable auprès de toutes les parties prenantes de l’entreprise, notamment grâce à des indicateurs durables standardisés. Cette nouvelle directive élargit par ailleurs le champ d’application de la réglementation existante, avec davantage d’entreprises qui y seront soumises.

La RSE est donc un sujet majeur en 2023, et il est primordial pour les entreprises de prévoir et anticiper dès maintenant les diverses attentes, afin d’être parées à une application de ces normes en 2025.

À cette contrainte réglementaire vient s’ajouter la nécessité d’avoir une marque employeur attractive.

Pour rester attractives, il est essentiel que les entreprises s’adaptent aux problématiques qui préoccupent la population. En effet, la RSE touche désormais à l’identité de l’entreprise et à ses valeurs. Cela peut constituer un levier d’attractivité, à condition de repenser le positionnement de leur activité au sein de la société. En véhiculant l’image d’un employeur soucieux de l’environnement, et en offrant un environnement de travail propice à l’épanouissement sans compromettre la qualité de vie, les entreprises peuvent se démarquer et rester compétitives. Ceci s’avère primordial à une ère hautement connectée, où l’information abonde : les frontières entre les entreprises et les chercheurs d’emplois ont été totalement effacées. La représentation qu’ont les candidats d’une entreprise, et l’adéquation à leurs valeurs, sont maintenant des facteurs différenciants.